Le Brexit signe t-il le retour de la langue française sur la scène européenne ?

Le français pourra-t-il redevenir la 1ère langue de travail des institutions européennes ? C’est la question que certains se posent depuis que le Brexit a été annoncé.

Depuis que le Brexit a été adopté et voté par référendum en Juin 2016, de nombreuses questions se posent. Le fait que ce dernier ait été reporté en Septembre prochain n’en change pas l’issue. Nombreuses sont les répercussions de la sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne. On parle tantôt de conséquences commerciales, financières ou encore diplomatiques. Plus largement, ces questions sont liées à l’Union européenne. Parmi ces effets, un aspect peu étudié mais assez important est celui des conséquences pour la langue anglaise. Jusque là langue principale de travail des institutions, le Brexit pourrait tout changer. En effet, le pays d’origine de l’anglais sortirait du système qu’est l’UE. Les francophiles s’interrogent car cela pourrait changer la donne pour la langue française. Le français deviendra ou plutôt redeviendra-il langue de travail pour autant ? Il n’en est pas si sur. 

Retour sur l’UE et le multilinguisme

L’Union européenne a toujours considéré le multilinguisme comme un atout. Ce dernier est même un de ses principes fondateurs. C’est pourquoi, la liste des langues officielles de l’Union qui est établie par un règlement, est modifiée à chaque nouvelle adhésion. Désormais, l’Union européenne comprend 24 langues officielles ce qui implique un grand nombres de possibilités puisque chaque langue peut être traduite dans 23 autres langues. Mais en réalité, l’anglais est la langue de travail par excellence. La plupart des rapports sont écrits en anglais, et la communication entre les membres se fait souvent en anglais. Toutefois lors des séances, chaque langue officielle est traduite. 

La place du français sur la scène internationale et européenne

Il n’y a pas si longtemps, le français occupait une place beaucoup plus importante sur la scène diplomatique. En effet, à partir du 18ème siècle, le français se substitua au latin pour la rédaction des traités internationaux. Il s’agissait de la langue diplomatique par excellence. Le français était parlé dans la plupart des pays européens par les diplomates. C’est notamment une des raisons pour laquelle les négociations du Congrès de Vienne se sont déroulées en français. 

Toutefois, la place du français déclina et il fut relégué au second rang à partir de la Conférence de Paris, en 1919. Il fut décidé d’adopter l’anglais à côté du français comme langue de travail. Ainsi le traité de Versailles fut rédigé dans les deux langues. 

Malgré tout, le français était encore alors considéré comme une langue importante aux côtés de l’anglais. C’est d’ailleurs pourquoi, le français resta dominant au sein des institutions européennes jusque 2004, date où de nombreux pays ont adhéré à l’Union européenne. Il apparaissait plus opportun d’utiliser l’anglais comme langue commune de communication. 

Le Brexit, va t-il tout changer ? 

Cette une question qui a été relevée plusieurs fois notamment par TV5 MONDE, chaîne du service public français, notamment en 2016 mais aussi 2018.  

Ces documents nous apprenne que la question est difficile. L’anglais, bien qu’imposé tardivement, est devenu la langue de communication par excellence dans les relations avec l’extérieur. Il est aujourd’hui à la deuxième place parmi les langues dont les locuteurs sont le plus nombreux au sein de l’UE. Toutefois, elle serait reléguée à la 17ème en sortant d’Europe. C’est ce qui laisse à penser que l’équilibre linguistique pourrait changer. Avec la sortie de la Grande Bretagne, plus aucun pays n’aura l’anglais comme langue d’adhésion. Ainsi, il y aura moins de locuteurs qui parleront anglais — certains parlent de moins de 1%. Tout ceci laisse à penser que la langue anglaise va inévitablement s’affaiblir.

Mais est-ce que le français va pour autant reprendre sa « place » ? Peut être. Il existe en tout cas une véritable volonté d’imposer le français de la part des francophones et francophiles. De surcroît, garder l’anglais sans que la Grande Bretagne soit partie à l’Union européenne serait délicat. Néanmoins, la pratique pourrait l’imposer car il est plus commode de garder ses habitudes que de les changer. Comme relevé plus tôt, la plupart des textes officiels sont rédigés en anglais, ce qui laisse difficile à imaginer un changement. 

Cependant, le système européen tel qu’il est conçu à l’heure actuelle ne laisse que peu de choix. Seules la France ou l’Allemagne, grands pays, très pro-européennes, pourraient être l’alternative à l’anglais. Mais l’Allemand n’étant parlé que très peu hors de son territoire, seul le français qui rayonne déjà à l’international a sa chance. L’apprentissage de la langue française pourrait alors connaître son heure de gloire.

Ceci ne laisse que deux possibilités, le retour du français ou le maintient de l’anglais. Le Brexit n’ayant pas opéré effet de manière définitive, ses réels effets sont encore incertains.